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Céramique artisanale et contact alimentaire : mug, bol, assiette faits main
Vous tournez des mugs, des bols ou des assiettes, et une acheteuse demande : « on peut boire dedans ? ». Ou bien une boutique qui prend vos pièces en dépôt veut savoir si elles sont « alimentaires ». Dès qu'une céramique est vendue pour servir, boire ou conserver, trois textes se superposent : le règlement sur les matériaux au contact des denrées (Règlement (CE) 1935/2004 concernant les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires), la directive propre aux céramiques (Directive 84/500/CEE relative aux objets céramiques destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires (modifiée par la directive 2005/31/CE)), qui fixe des limites de plomb et de cadmium, et le règlement sur la sécurité générale des produits (Règlement (UE) 2023/988 relatif à la sécurité générale des produits (RSGP / GPSR)), applicable depuis le 13 décembre 2024, pour le reste de la sécurité de la pièce et l'information de l'acheteur. Ce guide dit qui fait quoi, et ce qu'il faut garder dans le dossier.
Le céramiste est le fabricant de la pièce
Celui qui façonne, émaille, cuit et vend la pièce sous son nom en est le fabricant, même s'il achète sa terre et ses émaux tout prêts. C'est la pièce finie, cuite dans votre four, qui est au contact du café ou de la soupe : c'est donc elle que les textes visent, et c'est votre nom qui figure sur sa fiche. Le fournisseur d'émail a ses propres obligations, mais il ne connaît ni votre terre, ni votre courbe de cuisson, ni l'épaisseur de votre émail.
Ce que demande le règlement 1935/2004
- L'inertie (article 3) : la pièce ne doit pas céder aux aliments des substances en quantité dangereuse pour la santé, ni altérer leur goût, leur odeur ou leur composition.
- La mention (article 15) : une pièce vendue vide porte « convient pour aliments », une mention d'usage précise, ou le symbole du verre et de la fourchette, sauf si son usage alimentaire est évident (un mug, une assiette). Une indication d'usage utile s'ajoute : « ne va pas au four », « lavage à la main ».
- La traçabilité (article 17) : savoir quelle série de pièces vient de quelle terre, de quels émaux et de quelle cuisson. Un numéro de lot par fournée suffit (format et exemple).
- Les bonnes pratiques de fabrication (Règlement (CE) 2023/2006 relatif aux bonnes pratiques de fabrication des matériaux au contact des denrées alimentaires) : des matières choisies, une méthode de travail stable et notée, des contrôles adaptés à la taille de l'atelier.
Plomb et cadmium : les limites de la directive 84/500/CEE
Pour la céramique, la directive fixe ce que la pièce peut céder (la migration) au contact d'une solution d'acide acétique à 4 % pendant 24 heures à 22 °C, l'essai qui simule un aliment acide. Les limites dépendent de la forme de la pièce :
| Catégorie de pièce | Plomb | Cadmium |
|---|---|---|
| 1. Pièces plates ou creuses de 25 mm de profondeur au plus (assiette, dessous de plat, soucoupe) | 0,8 mg/dm² | 0,07 mg/dm² |
| 2. Toutes les autres pièces que l'on remplit (mug, bol, tasse, saladier, pichet) | 4,0 mg/l | 0,3 mg/l |
| 3. Ustensiles de cuisson, et récipients de stockage de plus de 3 litres | 1,5 mg/l | 0,1 mg/l |
Depuis la directive 2005/31/CE, chaque pièce vendue vide est couverte par une déclaration écrite de conformité établie par le fabricant, appuyée par une documentation qui montre comment les limites sont respectées (résultats d'essais, conditions de l'essai, laboratoire). Pour un créateur qui vend lui-même, c'est vous qui la rédigez et la gardez ; une boutique qui revend vos pièces est en droit de vous la demander (ce qu'il faut remettre avec un dépôt).
Ces limites européennes datent de 1984 ; une révision est en préparation à Bruxelles, et certains pays ont déjà abaissé les leurs pour les pièces vendues chez eux, comme les Pays-Bas depuis le 29 mai 2026. Si vous expédiez beaucoup dans un autre pays de l'Union, vérifiez ses règles nationales.
Pourquoi « émail alimentaire » chez le fournisseur ne suffit pas
- La cuisson décide : un émail mal fondu (température trop basse, palier trop court, four trop chargé) cède davantage de métaux qu'en laboratoire chez le fabricant d'émail.
- Le mélange compte : deux émaux superposés, un engobe, un oxyde ou un lustre ajouté changent le résultat. Les couleurs vives (rouges, jaunes, oranges) et les lustres métalliques demandent le plus d'attention.
- Ce que vous demandez au fournisseur : la fiche technique de l'émail avec sa température de cuisson, la mention « sans plomb ajouté » ou la composition, et ses propres essais de migration. Rangez-les par lot d'achat dans le dossier technique.
- Ce qui fait foi : l'essai de migration de votre pièce, par un laboratoire, pour chaque combinaison terre, émail et cuisson que vous vendez au contact des aliments. Une même combinaison, cuite de la même façon, peut couvrir toute une gamme ; un changement d'émail ou de four appelle un nouvel essai.
L'essai a un coût, et c'est un choix d'atelier : beaucoup de céramistes réservent l'usage alimentaire à une ou deux combinaisons éprouvées, et vendent le reste comme pièces décoratives. Ce choix s'écrit dans votre analyse des risques.
Ce que le GPSR ajoute
Le règlement 1935/2004 traite de ce qui migre dans l'aliment ; le reste de la sécurité de la pièce relève du règlement 2023/988. L'analyse des risques d'un mug ou d'un bol regarde au moins : la casse et les éclats coupants, le choc thermique (eau bouillante, micro-ondes, lave-vaisselle, four), l'anse qui chauffe ou se détache, l'émail qui tressaille ou s'écaille avec le temps. Pour chaque risque : ce que vous faites (cuisson à cœur, essai de l'anse, émail adapté à la terre) et l'avertissement qui reste.
Côté acheteur, la fiche porte vos coordonnées de fabricant, la référence et le lot, la mention alimentaire et les consignes d'usage, en français : « Convient au contact alimentaire. Lavage à la main conseillé. Ne pas passer au four. Pièce faite main : ne pas utiliser si elle est fêlée ou ébréchée. » Sur Etsy, ce texte va dans le champ des informations de sécurité (que remplir) ; dans le colis, sur une étiquette ou une carte jointe.
La pièce décorative : le dire clairement
Un vase, un cache-pot, un vide-poches ou une coupelle à émail non éprouvé ne sont pas faits pour les aliments, mais leur forme peut le laisser croire, et l'usage prévisible compte dans l'analyse des risques. Écrivez-le sur la fiche, l'annonce et l'étiquette : « Pièce décorative : ne convient pas au contact alimentaire. » C'est l'avertissement que Fiche Sûre ajoute aux fiches de la catégorie céramique quand vous répondez que la pièce n'est pas prévue pour les aliments.
Ce qu'il vaut mieux ne pas écrire
- « Certifié alimentaire » ou « conforme GPSR » : aucun organisme ne certifie un mug fait main. Vous tenez une déclaration de conformité et ses essais ; personne ne la tamponne. Il n'existe aucun certificat GPSR.
- « Émail alimentaire » seul, sans essai de la pièce : c'est une propriété de l'émail chez son fabricant, pas une preuve pour votre cuisson.
- « Sans plomb » sans preuve : réservé à l'émail dont la fiche du fournisseur l'atteste, et qui n'est pas mêlé à un autre.
- « Passe au lave-vaisselle et au micro-ondes » sans l'avoir essayé sur des pièces de la même fournée.
Une fiche par pièce, le dossier rangé avec
Avec Fiche Sûre, la catégorie céramique et verre pré-remplit les avertissements (casse, chaleur, contact alimentaire prévu ou non), les risques à regarder et la liste des documents à garder 10 ans, dont la fiche technique des émaux et la déclaration de conformité. Fiche Sûre rappelle l'exigence mais n'atteste rien : l'essai de migration reste celui de votre laboratoire. Chaque pièce a sa page publique avec QR, son numéro de lot par fournée et son texte court pour l'annonce. Pour commencer sans compte : le générateur gratuit du texte de l'annonce et le modèle gratuit d'analyse des risques. Le premier produit est gratuit, sans carte ; ensuite 29 € par an pour toute la boutique.
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Fiche Sûre met en forme des informations de sécurité génériques par catégorie de produit ; la fiche n'est ni une attestation de conformité ni un avis juridique, et l'analyse des risques de chaque produit reste celle de son fabricant. Fiche Sûre : 1 produit gratuit, 29 €/an ensuite.
Le texte « Informations de sécurité » de votre annonce en deux minutes : générateur gratuit, sans compte.
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